Rambam 1 Chapitre

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Rambam 1 Chapitre

Notons que bon nombre de ces lois ne sont pas la halakha, c'est-à-dire la pratique observée dans les communautés juives. Elles ne sauraient donc en aucun cas être prises comme référence. Veuillez noter également que cette version est un premier essai qui fera l'objet de corrections ultérieures.

10 Iyar 5778 | Mercredi, 25 Avril 2018

Lois du Mariage : Chapitre Cinq

1. Celui qui consacre [une femme] avec un objet dont le profit est interdit [par la Thora], comme le 'hametz durant Pessa'h, un mélange de viande et de lait, ou quelque chose de semblable parmi tout ce dont le profit est interdit, elle n'est pas consacrée. Et même si l'interdiction relative au profit [de cette chose] n'est que d'ordre rabbinique, comme le [l’interdiction du] 'hametz à partir de la sixième heure [relative] de la journée du 14 [Nissan], elle n'est pas consacrée.

2. S'il transgresse et vend quelque chose dont le profit est interdit et consacre [une femme] avec cet argent, elle est consacrée, à l’exception de [la vente d’un objet d’]un culte idolâtre, parce que l'argent de l'idolâtrie est interdit au profit comme elle-même. Celui qui consacre [une femme] avec des excréments de veau consacrés à l'idolâtrie, elle n'est pas consacrée, car tout ce qui sert à l'idolâtrie est interdit au profit, comme il est dit: “et rien ne ce qui est frappé d’anathème ne s'attachera à ta main”. Par contre, celui qui consacre [une femme] avec les excréments d’un taureau destiné à être lapidé [parce qu’il a provoqué la mort d’un homme], elle est consacrée. Bien qu'il soit interdit de tirer profit d'un taureau destiné à être lapidé, il n'est pas interdit de tirer profit de ses excréments, étant donné que cela n'a pas d'importance par rapport au taureau.

3. Celui qui consacre [une femme] avec des fruits de la septième année ou des cendres de la vache rousse, ou de l'eau lustrale [qui contient les cendres de la vache rousse pour purifier de l’impureté d’un cadavre], elle est consacrée. Celui qui consacre une femme par ce qui est consacré pour l’entretien du Temple, elle est consacrée et il devra rembourser la valeur plus un cinquième pour ce qui est consacré au Temple, et apporter un [sacrifice] acham comme quiconque profite par inadvertance de ce qui est consacré. Et s'il consacre avec une femme [en transgressant] sciemment, elle n'est pas consacrée.

4. S'il la consacre avec l'argent de la seconde dîme, par inadvertance ou intentionnellement, elle n’est pas consacrée. Parce qu’il n’a pas le droit de l’utiliser jusqu’à ce qu’il transfère sa sainteté [dans une autre chose], ainsi qu’il est dit, concernant la dîme, “elle est à D.ieu”.

5. Un cohen qui consacre [une femme] avec sa part des sacrifices de sainteté supérieure ou des sacrifices de sainteté légère, elle n’est pas consacrée parce que cela n’a été autorisé qu’à la consommation. Par contre, un cohen qui consacre avec de la terouma guédola, la terouma prélevée [par un lévite] de la dîme, ou les prémices, et de même, un lévite qui consacre [une femme] avec de la première dîme, et un israël qui consacre avec de la seconde dîme, elle est consacrée.

6. Les dons [pour les cohen et les lévites] qui n'ont pas été prélevés sont considérés comme ayant été prélevés. C'est pourquoi un juif qui reçoit en héritage des [produits] tévél de son grand-père maternel qui était cohen, puis prélève la terouma et les dîmes, cela est considéré comme de la terouma et des dîmes hérités du père de sa mère; s'il consacre avec une femme, elle est consacrée. Car bien que ceux-ci [ces produits de la terouma ou de la dîme] ne soient pas aptes à être consommés par lui, il peut les vendre [car c’est son héritage] pour qui cela convient [un cohen ou un lévite selon le cas]. Par contre, un israël qui consacre [une femme] avec de la terouma qu'il a prélevée de sa grange, elle n'est pas consacrée, car il n'a pas le droit de la vendre et ne possède que le droit de pouvoir la donner au cohen de son choix, et ce profit-là n'est pas considéré comme de l'argent.

7. Celui qui consacre une femme avec un [objet] volé [à l’arraché], dérobé [lors d’un cambriolage], ou acheté par la force [contre le gré du vendeur], si les propriétaires ont abandonné [l’espoir de récupérer leur bien], et que l'on sait qu'il l'a acquis [l’objet lui-même] par l'abandon [des propriétaires, et qu’il doit maintenant rembourser la contre-valeur], elle est consacrée. Et sinon, elle n'est pas consacrée.

8. Celui qui entre dans la maison de son ami, prend un ustensile, un aliment ou quelque chose de semblable, et consacre avec une femme, et que revient le propriétaire; même s'il lui dit: “pourquoi ne l'as-tu pas consacrée avec cet objet qui est mieux que ce que tu lui as donné?”, elle n'est pas consacrée, car il [le propriétaire] ne lui a dit cela que pour ne pas le mettre dans l'embarras. Et étant donné qu'il a consacré [cette femme] avec l'argent de son ami sans son accord [de son ami], cela est [considéré comme] du vol et elle n'est pas consacrée. Et s'il l’a consacrée avec quelque chose auquel le propriétaire ne prête pas attention, comme une datte ou une noix, elle est consacrée par doute.

9. S'il y a un commerce entre lui et son prochain, qu'il met fin [à leur association] sans que son prochain en ait connaissance, et consacre [une femme] avec sa part [de l’argent de leur association], étant donné que l'évaluation de la cour rabbinique est nécessaire [pour le partage], elle n'est pas consacrée, parce qu'il n'a pas à prendre ce qu'il désire et laisser ce qu'il désire.

10. S'il vole [à l’arraché un objet appartenant à] une femme, lui dérobe [lors d’un cambriolage] ou lui achète par la force [contre son gré], puis la consacre avec ce [cet objet] qui a été volé, dérobé ou acheté par la force et lui dit: “tu m'es consacrée par cela”, si des chidoukhine ont eu lieu entre eux au préalable, et qu'il lui a pris [cet objet] et qu'elle s'est tue, elle est consacrée. Et s'il n'y a jamais eu de chidoukhine entre eux, même si elle se tait lorsqu'il lui donne ces objets [qu'il lui a pris] en tant que kidouchine, elle n'est pas consacrée. Et si elle répond: “Oui”, elle est consacrée.

11. Et de même s'il lui confie quelque chose et lui dit: “prends cet objet”, puis lui dit: “tu m'es consacrée par cela”, s'il lui dit cela avant qu'elle ne le prenne et qu'elle le prend et ne dit rien, elle est consacrée. Et s'il lui dit: “tu m'es consacrée par cela” après qu'elle l'ait pris comme dépôt, et qu'elle se tait, cela n’a aucune valeur. Car tout silence après le don de l'argent n'a aucun effet. Par contre, si elle lui répond “Oui” [même] après avoir pris [l'objet], elle est consacrée.

12. S'il lui rembourse une dette qu'il avait envers elle, et lui dit: “tu m'es consacrée avec” avant qu'elle ne le prenne [l’argent du remboursement], et qu'elle le prend et se tait, s'il y a eu [auparavant] des chidoukhine entre eux, elle est consacrée. Et s'il n'y a pas eu de chidoukhine, elle n'est pas consacrée, à moins qu'elle ne dise “Oui”. Et s'il lui dit “tu m'es consacrée avec” après qu'elle ait pris [le remboursement de] sa dette, elle n'est pas consacrée, car elle n'a rien reçu dans ses mains; plutôt, elle a pris ce qui lui appartenait. Sa dette a donc été remboursée lorsqu'elle a pris [l'argent] et elle ne peut dès lors plus lui réclamer cette dette une seconde fois.

13. Celui qui consacre [une femme] avec [l'argent d']un prêt [argent qui a été emprunté par la femme à cet homme et que ce dernier lui donne en annulant la dette], même s'il y a un acte [de prêt], elle n'est pas consacrée. Quel est le cas?, Par exemple, si elle lui est redevable d'un dinar, et qu'il lui dit: “tu m'es consacrée avec le dinar que j'ai dans ta main”, elle n'est pas consacrée parce que [l'argent d']un prêt est fait pour être utilisé et il n'y a rien de concret pour profiter maintenant, étant donné qu'elle a déjà utilisé ce dinar, et que son profit est passé.

14. S'il lui a fait un prêt avec gage, et qu'il la consacre avec ce prêt et lui rend le gage, elle est consacrée, car elle peut maintenant profiter du gage. Elle a donc perçu un profit.

15. Celui qui consacre [une femme] avec la prorogation d'un prêt, elle est consacrée. Quel est le cas? Par exemple, s'il lui prête à ce moment deux cents zouz, et lui dit: “tu m'es consacrée par le profit du temps que je te fais gagner pour ce prêt qui sera dans ta main tant de jours, [c’est-à-dire par le fait que] je ne te réclamerai rien jusqu'à telle date” [ce qui prolonge le terme du prêt], elle est consacrée, car elle a, à partir de maintenant le profit d'utiliser ce prêt jusqu'au terme [prolongé] de la date qui a été fixée”. [Néanmoins,] il est interdit d'agir ainsi, parce que cela ressemble à un prêt avec intérêt. Et mes maîtres ont exprimé au sujet du profit d'un prêt des paroles qu'il est préférable ne pas entendre.

16. S'il lui dit: “tu m'es consacrée avec cette perouta et cette dette que j'ai envers toi”, elle est consacrée. Et de même, s'il lui dit: “avec le prêt que j'ai chez toi, [et que j’annule,] et avec cette perouta”, elle est consacrée.

17. S'il est créancier d'autres personnes et lui dit: “tu m'es consacrée avec ce que me doit d'untel”, en présence des trois [le créancier, le débiteur, et la femme], elle est consacrée.

18. S'il la consacre avec un objet qu’il lui a donné à garder [à la femme], ou avec ce [un objet] qu'elle lui a emprunté, si le dépôt ou l'emprunt est une perouta ou vaut une perouta et qu’il réside dans son domaine [de la femme], elle est consacrée.

19. S'il lui dit: “tu m'es consacrée avec le bénéfice [que tu auras] par le fait que je parlerai de toi au gouvernement”, et que le gouvernement la laisse et ne lui réclame pas [d'argent], elle n'est pas consacrée, à moins qu'il ne lui donne une perouta qui lui appartient [à lui]. Car le profit qu'elle a de ses paroles est semblable à [celui d’]un prêt [qui est annulé] et celui qui consacre [une femme] avec un prêt [qu’il annule], elle n’est pas consacrée.

20. [S'il lui dit:] “tu m'es consacrée par le travail que je réaliserai pour toi”, et qu'il fait [un travail pour elle], elle n'est pas consacrée, à moins qu'il ne lui donne une perouta qui lui appartient. Parce que l'ouvrier profite d'un emploi du début à la fin. A chaque fois qu'il réalise une partie du travail, il mérite une partie du salaire. Celui-ci [le salaire] est donc considéré comme un prêt en sa possession [ici, de la femme], et celui qui consacre [une femme] avec un prêt, elle n'est pas consacrée.

21. Si une femme dit [à un homme]: “donne un dinar à untel en cadeau, et je te serai consacrée”, et que celui-ci donne [ce dinar à la personne indiquée], et lui dit [à la femme]: “tu m'es consacrée par le profit du cadeau que j'ai donné à ta demande”, elle est consacrée. Bien qu'elle n'ait rien reçu, elle profite de ce que sa volonté a été réalisée et de ce qu'untel [la personne indiquée] a eu un profit grâce à elle. Et de même, si elle [une femme] lui dit [à un homme]: “donne un dinar à untel en cadeau, et je lui serai consacrée”, que celui-ci lui donne et que ce dernier la consacre en lui disant: “tu m'es consacrée avec le profit [que tu as eu] de ce cadeau que j'ai reçu à ta demande”, si c’est un homme important, elle est consacrée. Car elle a un profit du fait qu’il [cet homme] a eu un bénéfice grâce à elle ; et par ce profit, elle se consacre à lui [l’homme qui a transmis l’objet].

22. S'il [un homme] lui dit [à une femme]: “Voici un dinar en cadeau, et soit consacrée à untel”, et que ce dernier la consacre et lui dit: “tu m'es consacrée avec le profit que tu as eu grâce à moi”, elle est consacrée [à cet homme], bien que celui-ci ne lui ait rien donné. Si elle lui dit [à un homme]: “voici ce dinar et je te serai consacrée”, qu'il le prend, et lui dit: “tu m'es consacrée avec le profit que tu as eu du fait que j'ai reçu de toi un cadeau”. Si c'est un homme important, elle est consacrée, parce qu'elle profite du fait qu'il a un profit grâce à elle, et c'est par ce profit qu'elle se consacre à lui.

23. Celui qui dit à une femme: “tu m'es consacrée avec un dinar, et voici un gage jusqu'à ce que je te donne le dinar”, elle n'est pas consacrée, car elle n'a pas reçu le dinar dans la main et il ne lui a pas donné le gage avec l’intention qu'il lui appartienne. S'il a dans sa main un gage pour une dette envers d'autres personnes, et consacre une femme avec, bien que cela ne lui appartienne pas, elle est consacrée, car un créancier a un certain degré de propriété sur un gage.

24. Celui qui dit à une femme: “tu m'es consacrée avec ce dinar à condition que tu me le rendes”, elle n'est pas consacrée, qu'elle le lui rende ou non. En effet, si elle ne lui rend pas, la condition n'a pas été réalisée, et si elle lui rend, elle ne profite pas, et ne reçoit donc rien.

25. S'il lui donne un bouquet de myrte ou quelque chose de semblable et lui dit: “tu m'es consacrée avec cela”, et qu'elle le reçoit. Puis, on lui dit: “ne vaut-il pas moins qu'une perouta?”, et il dit [à la femme]: “tu m'es consacrée avec quatre zouz qui sont cachés dans le bouquet”. Si elle dit: “Oui”, elle est consacrée. Et si elle se tait, elle n'est pas consacrée avec cet argent. Car le fait de se taire après avoir donné l'argent n'a aucun effet. Elle est donc consacrée par doute du fait du bouquet, de crainte qu'il vaille une perouta à un autre endroit.

26. Celui qui dit à une femme: “tu m'es consacrée avec cette datte, tu m'es consacrée avec celle-ci, tu m'es consacrée avec celle-ci”, si l'une d'elle vaut une perouta, elle est consacrée. Et sinon, elle n'est consacrée que par doute, car peut-être une datte vaut une perouta ailleurs.

27. S'il lui dit: “tu m'es consacrée avec celle-ci et avec celle-ci et avec celle-ci”, si toutes ensemble valent une perouta, elle est consacrée. Et sinon, elle n'est consacrée que par doute. Si elle les mange l'une après l'autre [au fur et à mesure que l'homme dit “avec celle-ci” et la lui donne], si la dernière [datte qu’elle mange] vaut une perouta, elle est consacrée, sinon, elle n’est pas consacrée. [Les premières dattes n’entrent pas en ligne de compte] car les dattes qu'elle a consommées sont considérées comme un prêt, et celui qui consacre [une femme] par un prêt, elle n'est pas consacrée. Il s'ensuit que le mariage n'est effectué que par la dernière datte.

28. S'il lui dit [à la femme]: “tu m'es consacrée avec celles-ci [ces dattes]”, si toutes valent ensemble une perouta, elle est consacrée. Bien qu'elle les mange une par une [au fur et à mesure qu'il les lui donne], elle mange ce qui lui appartient et est donc consacrée [de cette façon].

29. Celui qui dit à une femme: “tu m'es consacrée avec cette coupe”, si elle est remplie d'eau, elle [la femme] est consacrée par elle [la coupe] et ce qu'elle contient. Si elle est remplie de vin, elle est consacrée par elle [la coupe], mais pas par ce qu'elle contient. Et si celle-ci est remplie d'huile, elle est consacrée par ce qu'elle [la coupe] contient, mais pas par elle-même. C'est pourquoi, si l'huile ne vaut pas une perouta, elle est consacrée par doute. Et si l'huile vaut une perouta, elle est consacrée avec certitude, et on ne prête pas attention à la coupe.