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tanya

" Car cette loi est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu l'accomplisses "

C'est sur ce célèbre verset du Deutéronome que se fonde le Tanya.

L'Ecriture dit clairement ici que le respect des commandements divins est chose aisée (" très proche ") et qu'il s'effectue par trois canaux : la pensée (ton cœur), la parole (ta bouche) et l'action (que tu l'accomplisses).

A un second niveau " ton cœur " fait référence aux émotions, l'amour et la crainte de D. que le cœur expérimente lorsque est accompli un commandement positif (pour la première),ou respecté un interdit pour la seconde. C'est donc ces deux émotions qui constituent cette " chose très proche ".

Cela, pourtant , va-t-il de soi ? La Guémara n'interroge-t-elle pas : " la crainte de D. est-elle une petite chose ? ". Rabbi Schnéour Zalman veut mettre à jour les deux chemins par lesquels parvenir à la crainte et à l'amour. Proches tous les deux, l'un cependant est " long " (il consiste en une profonde méditation), l'autre est " court " (plutôt que de créer ces sentiments par la méditation, il s'agit de les révéler, de les " dévoiler " en tant qu'ils sont partie intégrante de chaque âme juive. Telle est la démarche première du Tanya que, dans son humilité, Rabbi Schnéour Zalman en réalité a simplement appelé Likoutei Amarim (Recueil de Commentaires), Tanya étant le premier mot par lequel commence ce " recueil " imprimé pour la première fois en 1796.

29 Tamouz 5778 | Jeudi, 12 Juillet 2018



Likoutei Amarim
Chapitre 37
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ואף על פי כן אמרו רז״ל: לא המדרש עיקר אלא המעשה

Et néanmoins, malgré l’union avec D.ieu qui peut être trouvée dans l’étude de la Thora, nos Sages ont dit : « ce n’est pas l’étude l’essentiel, mais l’action »,

והיום לעשותם כתיב,

et il est également écrit : « En ce jour pour les faire » l’objet de la vie en ce monde est principalement l’accomplissement des mitsvot.

ומבטלין תלמוד תורה לקיום מצוה מעשיית, כשאי אפשר לעשותה על ידי אחרים

Et la Halakha dispose que l’on doit interrompre l’étude de la Thora afin d’accomplir une mitsva pratique s’il n’est pas possible de la faire par d’autres.

משום כי זה כל האדם, ותכלית בריאתו וירידתו לעולם הזה

Car « ceci (l’accomplissement des mitsvot pratiques) est toute la raison d’être de l’homme », le but de sa création et de la descente [de son âme] en ce monde,

להיות לו יתברך דירה בתחתונים דוקא, לאהפכא חשוכא לנהורא

que D.ieu ait une demeure précisément dans les royaumes inférieurs, pour changer l’obscurité de ce monde en lumière de la sainteté,

וימלא כבוד ה׳ את כל הארץ הגשמית דייקא, וראו כל בשר יחדיו, כנזכר לעיל

que la gloire de D.ieu emplisse tout le monde physique spécifiquement, et que « toute chair ensemble voie [le Divin] », comme expliqué précédemment au Chapitre trente-six.

Ainsi, le dessein divin d’avoir une demeure en ce monde est principalement réalisé par les mitsvot pratiques. Aussi l’accomplissement d’une mitsva pratique qui ne peut être effectuée par quelqu’un d’autre prévaut-il sur l’étude de la Thora, en sorte que l’intention de D.ieu dans la Création se trouve accomplie.

Mais à la question : « Doit-on interrompre l’étude de la Thora pour soi-même accomplir une mitsva pratique qui peut être commissionnée ? », le Tanya répond que l’union de l’âme avec D.ieu procurée par l’étude est supérieure à toute autre mitsva, la priorité est donc donnée à l’étude.

מה שאין כן כשאפשר לעשותה על ידי אחרים, אין מבטלין תלמוד תורה, אף שכל התורה אינה אלא פירוש המצות מעשיות

En revanche, lorsque [la mitsva pratique] peut être faite par d’autres, on n’interrompt pas l’étude de la Thora pour soi-même accomplir cette mitsva, bien que la Thora entière ne soit que l’explication des mitsvot pratiques.

והיינו משום שהיא בחינת חב״ד של אין סוף ברוך הוא, ובעסקו בה ממשיך עליו אור אין סוף ברוך הוא ביתר שאת והארה גדולה לאין קץ מהארה והמשכה על ידי פקודין, שהן אברים דמלכא

Et cela, parce que [la Thora] est l’aspect de HaBaD du Ein Sof ; et en se consacrant à [la Thora], on attire sur soi la lumière du Ein Sof avec plus de force et une illumination infiniment plus grande que l’illumination [que l’on] appelle au moyen des mitsvot qui sont les membres du Roi.

De ce qui a été dit, il ressort que le principal avantage de l’accomplissement des mitsvot consiste en l’élévation (birour) du corps et du monde ; avec l’étude de la Thora, il s’agit plutôt de l’union de lâme avec le Divin. Rabbi Chnéour Zalman explique de cette manière la sentence suivante tirée du Talmud.

וזה שאמר רב ששת: חדאי נפשאי, לך קראי, לך תנאי

Tel [est le sens de] ce que disait Rav Chéchet : « Réjouis-toi, mon âme ! Pour toi j’étudie les Ecritures, pour toi j’étudie la Michna »,

Car l’unité avec D.ieu à laquelle l’âme parvient à travers l’étude de la Thora – Bible et Michna – est supérieure à celle qui peut être atteinte par toute autre mitsva.

כמו שכתוב במקום אחר באריכות

comme expliqué longuement ailleurs.

Jusque ici la supériorité de l’étude de la Thora a été envisagée au regard de l’émanation divine qu’elle suscite.

Rabbi Chnéour Zalman aborde à présent un autre aspect de cette supériorité, bien plus significatif encore. Parmi toutes les mitsvot, seule l’étude de la Thora est définie comme un appel, par lequel on invite D.ieu à venir à soi, comme un ami qui répond à l’appel de son nom. Ainsi c’est D.ieu Lui-même, dans son essence, qui se manifeste à travers l’étude de la Thora (à la différence de toute autre mitsva, vectrice de la révélation d’une lumière, émanation du Divin).

L’étude de la Thora dépasse même l’appel adressé à D.ieu dans la prière. Le Psalmiste ne dit-il pas : « D.ieu est proche de tous ceux qui l’appellent, de tous ceux qui l’appellent avec vérité », « appel avec vérité » qui fait spécifiquement référence à l’étude de la Thora. La différence entre l’appel sans complément (qui renvoie à la prière) et « l’appel de vérité » caractérisé par la Thora réside dans l’effet produit : alors que l’appel de la prière a un impact matériel (guérison des malades, pluies…), l’appel de la Thora pénètre les profondeurs de l’âme.